mardi 18 décembre 2012

Je n'aime pas les grands ouvrages...mais je peux changer d'avis !


A l'approche de Noël, je suis très occupée alors je vous montre un ouvrage en cours. C'est vrai que je n'aime pas en général me lancer dans un grand ouvrage contrairement à mes amies (qui se reconnaîtront) et qui peuvent entreprendre des chantiers de longue durée, je veux dire de plus d'un an !!

Mais bon ! On peut changer d'avis car j'ai commencé au printemps dernier un ouvrage acheté sur le site Gipsy Karavan : "Flowers,flowers !" Il s'agit de réaliser 16 "blocs", chacun présentant une fleur réalisée en broderie au ruban ou en broderie traditionnelle. On brode sur des tissus variés, y compris sur des tissus à patchwork, avec motif, ce qui m'a un peu déroutée au début, mais le résultat est surprenant et intéressant !  J'ai quelque peu modifié les dessins car je trouvais que les feuillages présentaient peu de variété. Mais ce n'est pas une critique : c'est seulement parce que j'aime beaucoup la botanique que j'ai eu envie de précision dans le dessin. J'ai aussi remplacé certaines fleurs par d'autres que j'aimais davantage, et parfois modifié les couleurs de ruban ou de fil pour utiliser les fournitures que j'avais en stock.

Je vous présente quelques exemples de fleurs terminées. Je suis arrivée au 13e bloc. L'étape suivante consiste à coudre 4 triangles aux quatre coins de chaque rectangle brodé. L'assemblage final est un travail de patchwork en vue de former un grand panneau, ce qui n'est pas mon fort mais on verra en temps voulu !
L'anémone

L'edelweiss

Les pensées

Les pâquerettes (j'ai remplacé le modèle initial par un modèle de Simone L'Homme-Brignatz)

Les digitales

N'hésitez pas à me poser des questions sur cet ouvrage ou sur les matières utilisées ! Je serai heureuse de vous répondre !

mercredi 12 décembre 2012

Petit carnet à aiguilles brodé


Ayant à faire un cadeau, j'ai choisi un modèle de carnet à aiguilles dans la revue "Broderie inspiration" N° 28 de novembre /décembre 2012. J'aime beaucoup cette revue bimestrielle, publiée par les Editions de Saxe. Je l'achète quasiment tout le temps depuis le début. Le plus souvent, je me contente de la feuilleter ! Elle propose beaucoup de très beaux ouvrages, dans des techniques variées, avec beaucoup d'explications, de pas-à-pas et de conseils de toutes sortes notamment pour le montage des ouvrages.
 

Mon modèle, intitulé "Harmonie" est proposé par June Godwin, auteur d'un livre : A-Z of Crewel embroidery. (Je rectifie : le livre en question est de Sue Gardner, collectif et Cécile Capilla. Peut-être June Godwin est-elle dans le collectif )
 

Il s'agit en effet de broderie Crewel que je ne connais que de nom, mais j'y ai retrouvé des points de la broderie traditionnelle (point de tige, de corail, de nœud, de grille, de chaînette, passé plat et feston).
                                                                                     Le modèle
 
 
 J'ai un peu varié par rapport aux explications.
 
Mon travail

J'ai utilisé du fil DMC mouliné en prenant un fil et du fil Thread Works à un fil. J'ai brodé sur de la toile de lin à 11fils au cm et  doublé le carnet en soie sauvage vert olive. J'ai fait en feutrine blanche les pages qui recevront les aiguilles.

vendredi 30 novembre 2012

Que faire de nos broderies ? L'exemple d'un carton à dessins.


Comme beaucoup de brodeuses que je connais, je ne sais pas toujours quoi faire de mes broderies terminées. Il y a les cadres, bien sûr, mais j'ai parfois envie de changer et l'idée m'avait été donnée par mon professeur de reliure Hélène Limousin. J'ai réalisé sous sa direction un carton à dessins sur la couverture duquel j'ai installé une broderie traditionnelle.


 
 
 
 
L'intérieur


Le modèle est tiré d'une ancienne revue de broderie. J'ai brodé à un fil sur du lin jaune avec du fil DMC 6 brins.

Les points utilisés sont le point de tige, le point de chaînette, le passé plat, le passé empiétant, le point de poste, le point de piqûre et le point de reprise pour le calice des fleurs.
 

dimanche 25 novembre 2012

En savoir plus ? ... sur la broderie rococo (broderie au ruban)


Dans le langage courant, le mot "rococo" a une connotation péjorative et signifie "vieillot, démodé, ridicule". En histoire de l'art, il a un sens positif et correspond à un courant artistique de la première moitié du XVIIIe siècle qui suit le Baroque et précède le Néo-classicisme. Ce mouvement est apparu en France avant de se répandre dans les autres pays d'Europe et surtout en Allemagne et en Europe centrale. Le terme rococo est le résultat de la fusion du mot "rocaille" (terme utilisé au XVIIe siècle pour désigner l'imitation des formes des rochers dans le décor des grottes artificielles et des pavillons de jardin) et de "baroco". Le style rococo est caractérisé par la profusion ornementale, le goût des courbes, des formes tourmentées, des couleurs variées. Il se décline en architecture, peinture, musique et arts décoratifs. L'architecture rococo se caractérise par sa fluidité, sa légèreté et la délicatesse d'une ornementation très élaborée. A cette époque de raffinement, l'aménagement des intérieurs permet le développement de l'artisanat (meubles, stucs, porcelaine etc.) Le décor est dominé par les motifs végétaux, les coquillages, les volutes, les arabesques.

Le salon des Glaces, pavillon d'Amalienburg, Nymphenburg, près de Munich. Boiseries de Joachim Dietrich et stucs de Johann-baptist Zimmermann (1734-1739)
Carnet de bal en forme de violon, formé de six lamelles d'ivoire enfermées entre deux plaques de porcelaine de Saxe, ornées d'amours musiciens. Le haut se dévisse formant flacon à sels. Monture en or ciselé (L.12,8cm) Musée Cognacq-Jay, Paris
NB : le carnet de bal permettait autrefois aux jeunes filles de noter la liste des morceaux de musique qui allaient être joués lors d'un bal, et en face, le nom des danseurs à qui elles accordaient la danse. 

Et la broderie dans ce contexte ?

Si l'on se réfère à l'histoire du costume, on  apprend qu'au XVIIIe siècle, la mode avait une forte importance dans la société, réfléchissant les attitudes sociales et politiques, les arts, et bien sûr la richesse et la classe sociale des gens. En 1715, Louis XV et une période de gaîté succèdent au règne rigide de Louis XIV. A l'avènement de ce roi , la lourdeur et la couleur noire de l'époque précédente sont remplacées par les pastels, la lumière et la légèreté. A la cour, une certaine frivolité se développe. Le style vestimentaire s'en ressent et devient plus doux, plus élégant, plus féminin. La silhouette devient plus naturelle, moins volumineuse, les vêtements sont moins chargés, les tissus plus précieux. On utilise le satin, le velours, le taffetas et la soie. Les robes se couvrent de broderies fleuries. C'est dans ce contexte qu'apparaît la broderie rococo, à base de rubans de soie.

La broderie rococo fut adoptée par les pays anglo-saxons qui l'intégrèrent à leur style. L'Epoque Victorienne la mit à l'honneur. Avec les guerres mondiales, elle tomba dans l'oubli pour revenir en force dans le 4e quart du XXe siècle, essentiellement dans la haute couture. Actuellement, elle est d'actualité dans la broderie de loisir et chez les "patcheuses" qui en agrémentent leurs ouvrages.

 
 
 

La technique

La broderie rococo, plus connue à notre époque sous le nom de "broderie au ruban" consiste à broder en utilisant des rubans de soie, de 2, 4, 7 ou 13 mm de largeur, que l'on enfile dans le chas de l'aiguille. On brode surtout des motifs floraux, fleurs et feuilles, en essayant de rendre un effet naturel. On utilise des points de broderie traditionnels comme le point lancé, le point de tige, de bouclette, de nœud et des points spécifiques comme le point de ruban !
Des livres et des sites internet très nombreux aident à aborder cette technique de broderie qui n'est pas aussi facile qu'il y paraît au premier abord. Personnellement, je m'y essaie après avoir rencontré sur des salons Christiane Peymirat-Husser  et Nicole Poinsot, toutes deux d'une très grande générosité dans leur démonstration, et pour moi, de vraies magiciennes !

J'ai acheté un de leurs livres :

Broder avec des rubans aux Editions L'inédite, collection Fragments (Françoise Bourel, Nicole Poinsot et Christiane Peymirat-Husser), 2006.

Dans leur préface, elles écrivent :

"Il y a une curieuse alchimie entre le ruban et la brodeuse. On ne sait qui est le maître. La fleur naît toujours ressemblante et jamais pareille. La brodeuse devient une jardinière de l'intemporel, elle transfigure le périssable en souvenir durable. Son regard même sur la nature change. Elle découvre les secrets de l'architecture des fleurs, des coloris insoupçonnés qu'elle souhaite reproduire ou du moins approcher en mêlant abstraction et réalisme. Chaque broderie a une vie propre et communique des sensations de plaisir sans cesse renouvelées."

Un peu de poésie, ça ne peut pas faire de mal...

Essai de broderie au ruban
 
 
 
Je suis partie de ce modèle initialement prévu pour de la broderie traditionnelle.
 

mardi 13 novembre 2012

Chrysomèle du romarin en peinture à l'aiguille...jolie petite (sale) bête !


Je vous montre aujourd'hui une broderie en peinture à l'aiguille, terminée il y a quelque temps et que j'appelais jusqu'à aujourd'hui "scarabée". Mais soyons plus précis et donnons-lui sa véritable identité : le chrysomèle du romarin. Si vous regardez sur internet, vous verrez qu'il s'agit "d' un insecte de l'ordre des coléoptères, de la famille des chrysomelidés, aux élytres présentant des reflets métallisés verts et violets, mesurant 5 à 7 mm de long, qui s'attaque aux lamiacées et plus particulièrement aux lavandes, thym, romarin..."Les jardiniers ne l'aiment pas, vu sa voracité !

Quant à moi, je n'ai pas eu à m'en plaindre et pour la broder, je me suis basée sur une carte postale qui présentait l'animal vu de dessus et vu de côté. C'est cette dernière posture que j'ai choisie.
Le temps de travail, sous la direction de Catherine Laurençon, mon professeur de broderie, n'a pas été très long. La surface brodée n'est pas énorme et j'ai travaillé vite en restant bien motivée.
Il s'agissait d'un exercice intéressant pour apprendre à donner l'impression de volume car la carapace de l'insecte est bombée. Comme d'habitude, j'ai joué sur les couleurs pour rendre des effets d'ombre et de lumière et créer le relief. Quant au sens des points, sur ce modèle, il n'y avait pas de difficulté particulière car j'ai suivi le sens des rayures.
J'ai utilisé du fil mouliné DMC en prenant un fil, sauf pour le vert clair du dessus que j'ai travaillé en soie.

J'ai réalisé l'encadrement grâce aux conseils avisés de Catherine, de l'atelier de l'Oussière, déjà cité !
 
 

Si vous voulez des précisions concernant ce travail, n'hésitez pas à me questionner ! Je vous répondrai avec plaisir !
Vue de dessus
 

vendredi 26 octobre 2012

Peinture à l'aiguille...mise en boîte !


Tout d'abord, quelques éclaircissements ! Une personne ayant visité mon blog s'étonnait récemment de voir "toutes ces broderies" apparemment si vite réalisées. Alors, c'est sûr, il n'y a pas de miracle. Ayant commencé mon blog en juin, j'avais des ouvrages en réserve, réalisés - comme je précise - "depuis quelque temps" ! Certains depuis 2, 3 ans. Ma réserve s'épuisera vite et on se rendra compte du temps nécessaire pour réaliser certaines broderies, notamment la peinture à l'aiguille et la broderie blanche. Par contre j'essaie d'alterner ou de faire coexister des ouvrages longs et d'autres plus courts, des difficiles et des faciles afin de pouvoir me reposer des ouvrages qui "me prennent la tête" !  car il y en a ... Par ailleurs, je brode 3 à 4 heures par jour et parfois plus. Ca fait avancer forcément ! J'ai toujours un (ou des) projet(s) à venir, ce qui me pousse à continuer et à terminer l'ouvrage en cours ! Bref, je me régale et je dois dire que le moment que je préfère, c'est celui où je réfléchis, où je prépare une nouvelle broderie. Là, c'est l'urgence totale. J'adore choisir les couleurs même si ce n'est pas toujours facile de faire des choix ou de prendre de la liberté par rapport à un modèle (car je suis par nature disciplinée). Je le fais maintenant de plus en plus souvent !

Ce que je vous présente aujourd'hui est un ouvrage récent. Comme je prends des cours de cartonnage avec Marie-Pierre, je commençais récemment une boîte à ouvrage qui s'ouvre en forme de fleur. Je ne savais pas ce que j'allais faire pour orner le couvercle . Marie-Pierre m'a conseillé de faire une broderie. J'ai choisi un modèle de la très belle revue "Broderie inspiration" N°7, mai-juin 2009, et j'ai modifié le dessin - un peu - et adapté les couleurs pour les assortir à ma boîte. J'ai brodé sur de la soie sauvage écrue, avec du fil DMC 6 fils en prenant un seul fil. Les feuilles bicolores sont brodées avec le fil changeant Thread Works, à un fil. Les bourgeons de saule blancs sont brodés au passé plat avec de la soie afin de rendre l'aspect duveteux et brillant. J'ai souligné les bourgeons avec des points de piqûre bleus pour accroître l'effet de relief.  Quelques roses sont réalisées en broderie au ruban de soie, au point d'araignée. Pour les cœurs, c'est du point de nœud et les boutons de rose sont au point de rosette.


 
 
Et voici la boîte terminée :




 
N'hésitez pas à me poser des questions sur cet ouvrage. Je me ferai un plaisir de vous répondre !

jeudi 18 octobre 2012

En savoir plus ?...sur la broderie glazig (ou glazik)


     Si l'on veut se renseigner sur ce type de broderie en passant par internet, on ne trouve pas vraiment de définition. Bien sûr, on trouve des images, des sites ou blogs de brodeurs et brodeuses qui la pratiquent ou le site de Pascal Jaouen pour son école de broderie. Mais ce qui m'intéressait, moi, c'était de remonter un peu aux sources et d'en savoir plus. Loin de moi l'idée d'être exhaustive sur ce sujet et je donnerai d'ailleurs des pistes bibliographiques qui permettront d'aller plus loin. Mon but est d'éclairer un peu la question pour ceux et celles qui n'auraient pas le temps ou l'envie de faire des recherches. J'espère ne pas dire de bêtises dans cet article mais je suis ouverte à la critique si elle a pour but d'éclairer le sujet !

La tradition

La broderie glazig s'inscrit dans la tradition de broderie bretonne et plus précisément basse- bretonne. Chaque petite région ou "pays" a sa coiffe, son costume, ses broderies, ses motifs, ses couleurs, bref, sa mode. En Basse-Bretagne, on distingue la mode Bigoudène, la mode Vannetaise et Pourlet, la mode Melenig, la mode Cornouaillaise et la mode Glazig.

                                                                                                       Photo prise au musée de Quimper

A l'origine, le mot "glazig" signifie "petit bleu" et se réfère à la couleur bleue du costume masculin de la région de Quimper vers la fin du XIXe siècle. Au début, les gilets sont brodés d'éléments  qui sont tirés de l'art populaire européen : palmettes, fleurs de lys, cœurs, motifs géométriques auxquels s'ajoutent peu à peu des motifs végétaux. La courbe est partout présente.
                                                                                                                Photo prise au musée de Quimper

La technique

La broderie glazig se caractérise par des couleurs vives : jaune, orange, vert avec des touches de bleu, de rouge, de violet, de blanc. On utilise du cordonnet de soie. Les points utilisés sont surtout le point de chaînette, avec des variantes, le point de feston, le passé plat et le point de tige.
Parfois, des motifs de la broderie bigoudène s'invitent sur le costume quimpérois : plumes de paon, écailles de poisson  ou fougères, témoignant d'échanges entre régions voisines.
 



Les brodeurs

Autrefois, la broderie glazig était réalisée par les tailleurs-brodeurs puis par les brodeurs. Aujourd'hui, la broderie glazig est encore le fait de brodeurs hommes, notamment pour les costumes régionaux, car il est assez difficile de tirer l'aiguille dans le tissu de lainage épais des costumes. Toutefois, comme la broderie bigoudène, cette broderie intéresse les brodeuses soucieuses de maintenir la tradition, ayant besoin de garder en état les costumes anciens et d'en créer de nouveaux ou simplement comme moi, curieuses de connaître des techniques de broderie particulières.
La revue "Micheriou Koz" N°25,  intitulée "Les tailleurs et les brodeurs de costumes bigoudens et glaziks"ainsi que le livre présenté dans l'article sur la broderie bigoudène du 9 août : Broderies en Bretagne présentent les brodeurs : Viviane Hélias, Cécile Le Roy, Jean-Michel Pérennec, Paul Balbous, Pascal Jaouen, les confédérations War'l Leur et Kendalc'h qui contribuent tous à la préservation des broderies et des savoir-faire ou les font évoluer.

Et aujourd'hui...

J'ai l'impression que la broderie glazig , très dynamique, gaie et fière suscite un grand intérêt auprès des brodeuses, et ce, au-delà de sa Bretagne natale. Peut-être du fait de son haut caractère décoratif et du fait de son aspect abstrait qui, à partir de "figures imposées", permet toutes les inventions.
 
 

Je me suis amusée à dessiner une frise que je broderai peut-être. Je vous la montre en comptant sur votre indulgence, mais si elle vous intéresse, vous pouvez bien sûr l'utiliser !

 

Cet été, j'ai pu visiter à Quimper l'exposition "Talents conjugués" de Mik Jégou et Pascal Jaouen. Le premier est peintre, après avoir fait de nombreuses années de danse et des études d'art  graphique. Le second, connu en tant que brodeur et styliste, a créé des modèles de broderie glazig, les a exécutés sur toile de lin et Mik Jégou a peint "autour". J'ai beaucoup aimé leur travail original pour les couleurs et le mouvement et surtout cette idée d'associer la peinture et la broderie ! Notamment la toile intitulée "Danse au violon bleu".

 

Pour aller plus loin :
- La broderie en Basse-Bretagne de Geneviève Jouanic et Viviane Hélias, War'l Leur, Editions Jos, 2011.
- La France au fil de l'aiguille, broderies et dentelles : de l'histoire à l'ouvrage de Marie Le Goaziou et Nathalie Bresson, Editions Ouest-France, 2002.
- Broderies en Bretagne de Hélène Cario et Viviane Hélias, Editions Coop Breizh, 2007
- Revue Micheriou Koz N° 25, Les tailleurs et les brodeurs de costumes bigoudens et glaziks, 2010

mardi 9 octobre 2012

Peinture à l'aiguille : paysage oriental aux aigrettes


C'est un ouvrage terminé il y a plusieurs mois que je vous montre aujourd'hui : il fallait le temps de l'encadrer !

Je l'ai brodé avec les conseils de mon professeur : Catherine Laurençon, meilleur ouvrier de France en 2011 classe broderie main, option broderie couleur (peinture à l'aiguille.)

Comme je partais d'une aquarelle de Battulga Dashdor, un peintre mongol, mon travail était facilité car le paysage était déjà interprété ou analysé, alors que si je pars d'une photo je suis obligée de faire tous les choix.
                                                                                          Le modèle
 
 Il restait bien sûr à trouver les couleurs (toujours le fil DMC) pour me rapprocher au plus près du modèle ou dans certains cas, pour accentuer certains tons. Par exemple, j'ai choisi des tons plus vifs pour l'arbre. J'ai décidé aussi de ne pas broder le ciel qui risquait, me semblait-il, d'écraser la scène. J'ai bien aimé la façon dont Catherine m'a conseillé de broder la terre, même si c'était un peu fastidieux !

Voici des images de l'ouvrage en cours de réalisation :


 

 
 L'ouvrage terminé :





 

et enfin encadré sous la direction de Catherine Garnier de l'atelier de l'Oussière.

 

 
 N'hésitez pas à me poser des questions sur mon travail : je me ferai un plaisir de vous répondre !

mardi 2 octobre 2012

Reliure brodée avec broderie bretonne de type Glazig


Toujours cet été en Bretagne, j'ai trouvé un petit livre intitulé :

                                                 Légendes traditionnelles de la Bretagne

 

de O-L. Aubert avec une préface de Ch. Le Goffic, des illustrations de E. Daubé, aux éditions Louis Aubert, Saint-Brieuc, 1951, 8e édition. L'ouvrage présente 35 légendes.

J'ai eu envie de faire une reliure brodée alors je me suis essayée à la broderie Glazig en utilisant un modèle du livre déjà cité dans l'article "Broderie bretonne, broderie bigoudène" du 9 août 2012. Il s'agit du livre "Broderies en Bretagne" d'Hélène Cario et Viviane Hélias , aux Editions "Coop Breizh" page 148.






 Le dessin est inspiré paraît-il d'un plastron traditionnel glazig, du début du XXe siècle. Le modèle s'appelle : "Edern"


J'ai brodé sur un tissu de lin et soie de chez Gander, (lin français) écru, très légèrement moucheté, qui se travaille très bien, avec du cordonnet de soie que j'ai acheté  cet été dans une mercerie de Quimper. Je ne me souviens plus du nom de cette boutique mais j'avais photographié une pancarte posée devant le magasin, qui m'avait intéressée et quelque peu émue car je regrette justement la disparition des merceries de ville qui me font rêver au moins autant que les librairies.
 
 
 
Mais revenons à nos moutons...
Par rapport au modèle, j'ai ajouté un peu de rouge foncé m'éloignant peut-être ainsi de la tradition, cependant je trouve que ce rouge relève l'harmonie de couleurs. Au début, je me suis un  peu embrouillée dans ce motif  mais comme il est répétitif, j'ai réussi à me repérer au bout d'un certain temps.
 
                                                                             Voici la broderie terminée
                                                                                
                                                                                    En plus gros plan
 
  Le travail de reliure avec le tissu brodé n'a pas été trop difficile car la matière est souple avec suffisamment d'épaisseur. Voilà, j'aurai maintenant le plaisir de  lire ces légendes...
                                                                                  
                                                                                    L'ouvrage terminé




N'hésitez pas à me questionner sur ce travail : je serai heureuse de vous répondre !
 

mardi 25 septembre 2012

Une rose de mon jardin en peinture à l'aiguille


Il y a 3 ans, je me suis lancée dans la broderie d'une rose de mon jardin. Mon projet avait été inspiré par une broderie vue à Parme en mai 2009. C'était lors d'un rassemblement qui a lieu tous les deux ans : Italia Invita. C'est un véritable paradis des brodeuses. Les Italiennes excellent dans  un très grand nombre de techniques de broderie. Lors de ce salon immense, on peut voir de véritables merveilles et participer à des ateliers d'initiation à telle ou telle technique. (Le prochain salon est  prévu en 2013.) Je ne résiste pas au plaisir de vous montrer quelques images :
                                                                                       Vu à Parme
                                                                                       Vu à Parme
                                                                                         Vu à Parme
Vu à Parme : une très belle reliure brodée



 J'avais été séduite par une broderie au passé empiétant dont le sujet était les cynorrhodons avec la particularité que le fond aussi était brodé. Je trouvais que cela faisait un effet "tableau".

                                                   Je n'ai que cette photo, excusez sa mauvaise qualité !
 

J'ai donc entrepris mon ouvrage, pas facile puisque ma rose avait de très nombreux pétales ! 

                                       Je n'ai plus la photo qui a servi de modèle mais celle-ci vient du même rosier !

J'ai fait mon calque et l'ai montré à Catherine Laurençon, mon professeur de broderie (MOF 2011), qui m'a conseillé de réduire les dimensions de mon dessin. Bien lui en a pris ! J'ai beaucoup peiné sur cet ouvrage car broder pétale après pétale était ingrat par conséquent quand la rose a été brodée, j'ai hésité à me lancer dans la broderie du fond. Encouragée par Catherine et mes amies qui estimaient qu'il fallait aller au bout de ce projet, je me suis lancée. Des points de nœud, minuscules pour qu'ils ne prennent pas le pas sur la rose, j'en ai fait des centaines, côte à côte, bien serrés, en essayant de faire des nuances pour donner de la profondeur.

 
 
 J'ai failli abandonner je ne sais combien de fois, le résultat n'étant pas à la hauteur de mon rêve, le travail étant très fastidieux. Mais j'ai quand même persévéré et je l'ai mené au bout. A la fin, je ne pouvais plus le regarder et il me décevait toujours. Il a été mis de côté pendant longtemps et récemment, je l'ai encadré (quand même) sous la direction de Catherine Garnier de l'Atelier de l'Oussière.



Ce qui me paraît positif, c'est que je n'aie pas abandonné, que j'aie appréhendé un ouvrage de longue haleine, ce qui n'était pas dans mes habitudes. J'ai aussi admis d'attendre la fin de l'ouvrage pour le juger. Avec le recul, je me dis que cet ouvrage a été une étape dans mon apprentissage et qu'il a sans doute été utile.

N'hésitez pas à me poser des questions sur mon travail ! Je me ferai un plaisir de vous donner des explications !