mardi 25 septembre 2012

Une rose de mon jardin en peinture à l'aiguille


Il y a 3 ans, je me suis lancée dans la broderie d'une rose de mon jardin. Mon projet avait été inspiré par une broderie vue à Parme en mai 2009. C'était lors d'un rassemblement qui a lieu tous les deux ans : Italia Invita. C'est un véritable paradis des brodeuses. Les Italiennes excellent dans  un très grand nombre de techniques de broderie. Lors de ce salon immense, on peut voir de véritables merveilles et participer à des ateliers d'initiation à telle ou telle technique. (Le prochain salon est  prévu en 2013.) Je ne résiste pas au plaisir de vous montrer quelques images :
                                                                                       Vu à Parme
                                                                                       Vu à Parme
                                                                                         Vu à Parme
Vu à Parme : une très belle reliure brodée



 J'avais été séduite par une broderie au passé empiétant dont le sujet était les cynorrhodons avec la particularité que le fond aussi était brodé. Je trouvais que cela faisait un effet "tableau".

                                                   Je n'ai que cette photo, excusez sa mauvaise qualité !
 

J'ai donc entrepris mon ouvrage, pas facile puisque ma rose avait de très nombreux pétales ! 

                                       Je n'ai plus la photo qui a servi de modèle mais celle-ci vient du même rosier !

J'ai fait mon calque et l'ai montré à Catherine Laurençon, mon professeur de broderie (MOF 2011), qui m'a conseillé de réduire les dimensions de mon dessin. Bien lui en a pris ! J'ai beaucoup peiné sur cet ouvrage car broder pétale après pétale était ingrat par conséquent quand la rose a été brodée, j'ai hésité à me lancer dans la broderie du fond. Encouragée par Catherine et mes amies qui estimaient qu'il fallait aller au bout de ce projet, je me suis lancée. Des points de nœud, minuscules pour qu'ils ne prennent pas le pas sur la rose, j'en ai fait des centaines, côte à côte, bien serrés, en essayant de faire des nuances pour donner de la profondeur.

 
 
 J'ai failli abandonner je ne sais combien de fois, le résultat n'étant pas à la hauteur de mon rêve, le travail étant très fastidieux. Mais j'ai quand même persévéré et je l'ai mené au bout. A la fin, je ne pouvais plus le regarder et il me décevait toujours. Il a été mis de côté pendant longtemps et récemment, je l'ai encadré (quand même) sous la direction de Catherine Garnier de l'Atelier de l'Oussière.



Ce qui me paraît positif, c'est que je n'aie pas abandonné, que j'aie appréhendé un ouvrage de longue haleine, ce qui n'était pas dans mes habitudes. J'ai aussi admis d'attendre la fin de l'ouvrage pour le juger. Avec le recul, je me dis que cet ouvrage a été une étape dans mon apprentissage et qu'il a sans doute été utile.

N'hésitez pas à me poser des questions sur mon travail ! Je me ferai un plaisir de vous donner des explications !

vendredi 14 septembre 2012

Reliure brodée : broderie alsacienne


 
Parmi mes trouvailles de l'été : un livre intitulé : "Contes et légendes d'Alsace et de Lorraine", par J.M. Rousseau, aux éditions Casterman avec des illustrations de Monne.
Il contient 4 légendes :
- La cuiller, le gobelet et l'anneau
- La héronnière
- Millefleur
- Mirette
C'est un assez grand format (19,5 x 25,5 cm), plutôt mal en point. J'ai décidé de le réparer et finalement, je l'ai relié entièrement.
J'ai eu envie de faire une reliure brodée et d'utiliser un modèle du livre :
"L'Alsace brodée au point de tige" de Francine Will-Zeil aux éditions Arte Libris, 2009.
Au passage, je me permets de recommander ce très beau livre, très documenté sur la tradition de broderie alsacienne et qui propose de très nombreux modèles. Comme je voulais que mon illustration soit bien liée au texte, j'ai commencé par lire les légendes en espérant que l'un des modèles proposés dans le livre de broderie ferait écho au texte à relier mais cela n'a pas été le cas. Par ailleurs, dans la légende intitulée "La héronnière", Chrétienna de Walledone est décrite de la façon suivante :
"Elle brodait tout en parlant, une nappe de toile de lin, avec du fil rouge, y traçant des fleurs, des oiseaux autour de l'écusson de sa famille"

C'était la perle que je cherchais !
J'ai alors utilisé la photographie d'une publicité ancienne pour le fil "Schlumberger" reproduite dans le livre de broderie et je l'ai "traduite" en broderie au point de tige. Je l'ai brodée sur une toile de lin de chez Gander avec le fil DMC rouge du Rhin N° 321 à un fil !
Et j'ai  écrit la phrase sous ma broderie.

 

mercredi 5 septembre 2012

La broderie portugaise de Castelo Branco


 
J'ai découvert cette broderie il y a quelque temps, au cours d'un voyage au Portugal. La  ville de Castelo Branco est située à 260 km au nord-est de Lisbonne. Nous avons visité le Musée  de Francisco Tavares Proença Júnior parce que je savais y trouver des broderies typiques de cette région. Je n'ai pas été déçue : non seulement j'ai pu voir de très belles pièces mais aussi de la démonstration.
Le Musée a commencé à rassembler des couvre-lits brodés en 1956, reconnaissant l'importance et la valeur patrimoniale et historique de cette broderie. En 1976, un Atelier-école a été créé dans le but de produire, conserver, restaurer les broderies et de divulguer ce savoir-faire.
 
 
 
 
La broderie de Castelo Branco se pratique sur grand métier, sur une toile écrue de lin au tissage assez gros qui contraste avec de fines broderies de soie de couleurs. Les motifs sont traditionnels : originaires de la région du Beira Baixa, ils ont subi diverses influences, notamment de l'inde et  de la Chine. On trouve notamment des arbres de vie, des fleurs (œillet, rose, lys, jasmin, lierre, acanthe, magnolia qui symbolise le printemps, tulipe évoquant la richesse et l'ostentation...), des fruits (grenade, pomme de pin) et des oiseaux, intermédiaires entre le ciel et la terre, tandis que le vase est symbole de fécondité. Ces broderies ornent de très grandes pièces, notamment des dessus de lits de mariées.
 Renseignements pris, nous avons trouvé en ville une mercerie qui vendait de la toile et des bobines de soie - au kilo ! Une des vendeuses parlant français m'a montré son ouvrage en cours, m'a expliqué la façon de travailler et m'a conseillée dans le choix des couleurs. En effet, c'est une gamme bien précise qui est traditionnellement utilisée. Elle a eu la gentillesse de sortir de leur meuble tous les grands tiroirs de bobines de soie et de me prêter son livre de modèles pour que j'aille en photocopier. Une belle rencontre, un moment riche d'échanges et de solidarité entre brodeuses !
Le travail de la mercière
 
                                   
 
 Je me suis empressée d'essayer cette technique pour un petit tableau en travaillant sur tambour. C'est une broderie très plaisante.
 
 
 
                                     
 
Les points de broderie utilisés sont nombreux, mais le plus fréquent et le plus caractéristique consiste à tendre des fils parallèles qui sont ensuite "barrés" perpendiculairement par des lignes de points de piqûre placées à intervalles réguliers. On trouve aussi le point de tige, le point d'épine, le passé plat, le passé empiétant, le point de chaînette, le point de chausson et des points de remplissage.
  La difficulté, c'est de trouver des modèles. Je viens de constater qu'entre temps, un livre a été publié mais il semble épuisé :
O Bordado de Castelo Branco, de Maria Margarida Ivo Rosa

 
 
Mais des images de cette broderie sont visibles sur  ces vidéos :

 
 Je constate qu'après le visionnement des deux vidéos, une mosaïque d'autres vidéos apparaît malgré moi. Je vais essayer de me renseigner sur la façon d'éviter cela ! Merci de votre indulgence car je ne domine pas complètement la technique !