vendredi 30 novembre 2012

Que faire de nos broderies ? L'exemple d'un carton à dessins.


Comme beaucoup de brodeuses que je connais, je ne sais pas toujours quoi faire de mes broderies terminées. Il y a les cadres, bien sûr, mais j'ai parfois envie de changer et l'idée m'avait été donnée par mon professeur de reliure Hélène Limousin. J'ai réalisé sous sa direction un carton à dessins sur la couverture duquel j'ai installé une broderie traditionnelle.


 
 
 
 
L'intérieur


Le modèle est tiré d'une ancienne revue de broderie. J'ai brodé à un fil sur du lin jaune avec du fil DMC 6 brins.

Les points utilisés sont le point de tige, le point de chaînette, le passé plat, le passé empiétant, le point de poste, le point de piqûre et le point de reprise pour le calice des fleurs.
 

dimanche 25 novembre 2012

En savoir plus ? ... sur la broderie rococo (broderie au ruban)


Dans le langage courant, le mot "rococo" a une connotation péjorative et signifie "vieillot, démodé, ridicule". En histoire de l'art, il a un sens positif et correspond à un courant artistique de la première moitié du XVIIIe siècle qui suit le Baroque et précède le Néo-classicisme. Ce mouvement est apparu en France avant de se répandre dans les autres pays d'Europe et surtout en Allemagne et en Europe centrale. Le terme rococo est le résultat de la fusion du mot "rocaille" (terme utilisé au XVIIe siècle pour désigner l'imitation des formes des rochers dans le décor des grottes artificielles et des pavillons de jardin) et de "baroco". Le style rococo est caractérisé par la profusion ornementale, le goût des courbes, des formes tourmentées, des couleurs variées. Il se décline en architecture, peinture, musique et arts décoratifs. L'architecture rococo se caractérise par sa fluidité, sa légèreté et la délicatesse d'une ornementation très élaborée. A cette époque de raffinement, l'aménagement des intérieurs permet le développement de l'artisanat (meubles, stucs, porcelaine etc.) Le décor est dominé par les motifs végétaux, les coquillages, les volutes, les arabesques.

Le salon des Glaces, pavillon d'Amalienburg, Nymphenburg, près de Munich. Boiseries de Joachim Dietrich et stucs de Johann-baptist Zimmermann (1734-1739)
Carnet de bal en forme de violon, formé de six lamelles d'ivoire enfermées entre deux plaques de porcelaine de Saxe, ornées d'amours musiciens. Le haut se dévisse formant flacon à sels. Monture en or ciselé (L.12,8cm) Musée Cognacq-Jay, Paris
NB : le carnet de bal permettait autrefois aux jeunes filles de noter la liste des morceaux de musique qui allaient être joués lors d'un bal, et en face, le nom des danseurs à qui elles accordaient la danse. 

Et la broderie dans ce contexte ?

Si l'on se réfère à l'histoire du costume, on  apprend qu'au XVIIIe siècle, la mode avait une forte importance dans la société, réfléchissant les attitudes sociales et politiques, les arts, et bien sûr la richesse et la classe sociale des gens. En 1715, Louis XV et une période de gaîté succèdent au règne rigide de Louis XIV. A l'avènement de ce roi , la lourdeur et la couleur noire de l'époque précédente sont remplacées par les pastels, la lumière et la légèreté. A la cour, une certaine frivolité se développe. Le style vestimentaire s'en ressent et devient plus doux, plus élégant, plus féminin. La silhouette devient plus naturelle, moins volumineuse, les vêtements sont moins chargés, les tissus plus précieux. On utilise le satin, le velours, le taffetas et la soie. Les robes se couvrent de broderies fleuries. C'est dans ce contexte qu'apparaît la broderie rococo, à base de rubans de soie.

La broderie rococo fut adoptée par les pays anglo-saxons qui l'intégrèrent à leur style. L'Epoque Victorienne la mit à l'honneur. Avec les guerres mondiales, elle tomba dans l'oubli pour revenir en force dans le 4e quart du XXe siècle, essentiellement dans la haute couture. Actuellement, elle est d'actualité dans la broderie de loisir et chez les "patcheuses" qui en agrémentent leurs ouvrages.

 
 
 

La technique

La broderie rococo, plus connue à notre époque sous le nom de "broderie au ruban" consiste à broder en utilisant des rubans de soie, de 2, 4, 7 ou 13 mm de largeur, que l'on enfile dans le chas de l'aiguille. On brode surtout des motifs floraux, fleurs et feuilles, en essayant de rendre un effet naturel. On utilise des points de broderie traditionnels comme le point lancé, le point de tige, de bouclette, de nœud et des points spécifiques comme le point de ruban !
Des livres et des sites internet très nombreux aident à aborder cette technique de broderie qui n'est pas aussi facile qu'il y paraît au premier abord. Personnellement, je m'y essaie après avoir rencontré sur des salons Christiane Peymirat-Husser  et Nicole Poinsot, toutes deux d'une très grande générosité dans leur démonstration, et pour moi, de vraies magiciennes !

J'ai acheté un de leurs livres :

Broder avec des rubans aux Editions L'inédite, collection Fragments (Françoise Bourel, Nicole Poinsot et Christiane Peymirat-Husser), 2006.

Dans leur préface, elles écrivent :

"Il y a une curieuse alchimie entre le ruban et la brodeuse. On ne sait qui est le maître. La fleur naît toujours ressemblante et jamais pareille. La brodeuse devient une jardinière de l'intemporel, elle transfigure le périssable en souvenir durable. Son regard même sur la nature change. Elle découvre les secrets de l'architecture des fleurs, des coloris insoupçonnés qu'elle souhaite reproduire ou du moins approcher en mêlant abstraction et réalisme. Chaque broderie a une vie propre et communique des sensations de plaisir sans cesse renouvelées."

Un peu de poésie, ça ne peut pas faire de mal...

Essai de broderie au ruban
 
 
 
Je suis partie de ce modèle initialement prévu pour de la broderie traditionnelle.
 

mardi 13 novembre 2012

Chrysomèle du romarin en peinture à l'aiguille...jolie petite (sale) bête !


Je vous montre aujourd'hui une broderie en peinture à l'aiguille, terminée il y a quelque temps et que j'appelais jusqu'à aujourd'hui "scarabée". Mais soyons plus précis et donnons-lui sa véritable identité : le chrysomèle du romarin. Si vous regardez sur internet, vous verrez qu'il s'agit "d' un insecte de l'ordre des coléoptères, de la famille des chrysomelidés, aux élytres présentant des reflets métallisés verts et violets, mesurant 5 à 7 mm de long, qui s'attaque aux lamiacées et plus particulièrement aux lavandes, thym, romarin..."Les jardiniers ne l'aiment pas, vu sa voracité !

Quant à moi, je n'ai pas eu à m'en plaindre et pour la broder, je me suis basée sur une carte postale qui présentait l'animal vu de dessus et vu de côté. C'est cette dernière posture que j'ai choisie.
Le temps de travail, sous la direction de Catherine Laurençon, mon professeur de broderie, n'a pas été très long. La surface brodée n'est pas énorme et j'ai travaillé vite en restant bien motivée.
Il s'agissait d'un exercice intéressant pour apprendre à donner l'impression de volume car la carapace de l'insecte est bombée. Comme d'habitude, j'ai joué sur les couleurs pour rendre des effets d'ombre et de lumière et créer le relief. Quant au sens des points, sur ce modèle, il n'y avait pas de difficulté particulière car j'ai suivi le sens des rayures.
J'ai utilisé du fil mouliné DMC en prenant un fil, sauf pour le vert clair du dessus que j'ai travaillé en soie.

J'ai réalisé l'encadrement grâce aux conseils avisés de Catherine, de l'atelier de l'Oussière, déjà cité !
 
 

Si vous voulez des précisions concernant ce travail, n'hésitez pas à me questionner ! Je vous répondrai avec plaisir !
Vue de dessus