vendredi 26 octobre 2012

Peinture à l'aiguille...mise en boîte !


Tout d'abord, quelques éclaircissements ! Une personne ayant visité mon blog s'étonnait récemment de voir "toutes ces broderies" apparemment si vite réalisées. Alors, c'est sûr, il n'y a pas de miracle. Ayant commencé mon blog en juin, j'avais des ouvrages en réserve, réalisés - comme je précise - "depuis quelque temps" ! Certains depuis 2, 3 ans. Ma réserve s'épuisera vite et on se rendra compte du temps nécessaire pour réaliser certaines broderies, notamment la peinture à l'aiguille et la broderie blanche. Par contre j'essaie d'alterner ou de faire coexister des ouvrages longs et d'autres plus courts, des difficiles et des faciles afin de pouvoir me reposer des ouvrages qui "me prennent la tête" !  car il y en a ... Par ailleurs, je brode 3 à 4 heures par jour et parfois plus. Ca fait avancer forcément ! J'ai toujours un (ou des) projet(s) à venir, ce qui me pousse à continuer et à terminer l'ouvrage en cours ! Bref, je me régale et je dois dire que le moment que je préfère, c'est celui où je réfléchis, où je prépare une nouvelle broderie. Là, c'est l'urgence totale. J'adore choisir les couleurs même si ce n'est pas toujours facile de faire des choix ou de prendre de la liberté par rapport à un modèle (car je suis par nature disciplinée). Je le fais maintenant de plus en plus souvent !

Ce que je vous présente aujourd'hui est un ouvrage récent. Comme je prends des cours de cartonnage avec Marie-Pierre, je commençais récemment une boîte à ouvrage qui s'ouvre en forme de fleur. Je ne savais pas ce que j'allais faire pour orner le couvercle . Marie-Pierre m'a conseillé de faire une broderie. J'ai choisi un modèle de la très belle revue "Broderie inspiration" N°7, mai-juin 2009, et j'ai modifié le dessin - un peu - et adapté les couleurs pour les assortir à ma boîte. J'ai brodé sur de la soie sauvage écrue, avec du fil DMC 6 fils en prenant un seul fil. Les feuilles bicolores sont brodées avec le fil changeant Thread Works, à un fil. Les bourgeons de saule blancs sont brodés au passé plat avec de la soie afin de rendre l'aspect duveteux et brillant. J'ai souligné les bourgeons avec des points de piqûre bleus pour accroître l'effet de relief.  Quelques roses sont réalisées en broderie au ruban de soie, au point d'araignée. Pour les cœurs, c'est du point de nœud et les boutons de rose sont au point de rosette.


 
 
Et voici la boîte terminée :




 
N'hésitez pas à me poser des questions sur cet ouvrage. Je me ferai un plaisir de vous répondre !

jeudi 18 octobre 2012

En savoir plus ?...sur la broderie glazig (ou glazik)


     Si l'on veut se renseigner sur ce type de broderie en passant par internet, on ne trouve pas vraiment de définition. Bien sûr, on trouve des images, des sites ou blogs de brodeurs et brodeuses qui la pratiquent ou le site de Pascal Jaouen pour son école de broderie. Mais ce qui m'intéressait, moi, c'était de remonter un peu aux sources et d'en savoir plus. Loin de moi l'idée d'être exhaustive sur ce sujet et je donnerai d'ailleurs des pistes bibliographiques qui permettront d'aller plus loin. Mon but est d'éclairer un peu la question pour ceux et celles qui n'auraient pas le temps ou l'envie de faire des recherches. J'espère ne pas dire de bêtises dans cet article mais je suis ouverte à la critique si elle a pour but d'éclairer le sujet !

La tradition

La broderie glazig s'inscrit dans la tradition de broderie bretonne et plus précisément basse- bretonne. Chaque petite région ou "pays" a sa coiffe, son costume, ses broderies, ses motifs, ses couleurs, bref, sa mode. En Basse-Bretagne, on distingue la mode Bigoudène, la mode Vannetaise et Pourlet, la mode Melenig, la mode Cornouaillaise et la mode Glazig.

                                                                                                       Photo prise au musée de Quimper

A l'origine, le mot "glazig" signifie "petit bleu" et se réfère à la couleur bleue du costume masculin de la région de Quimper vers la fin du XIXe siècle. Au début, les gilets sont brodés d'éléments  qui sont tirés de l'art populaire européen : palmettes, fleurs de lys, cœurs, motifs géométriques auxquels s'ajoutent peu à peu des motifs végétaux. La courbe est partout présente.
                                                                                                                Photo prise au musée de Quimper

La technique

La broderie glazig se caractérise par des couleurs vives : jaune, orange, vert avec des touches de bleu, de rouge, de violet, de blanc. On utilise du cordonnet de soie. Les points utilisés sont surtout le point de chaînette, avec des variantes, le point de feston, le passé plat et le point de tige.
Parfois, des motifs de la broderie bigoudène s'invitent sur le costume quimpérois : plumes de paon, écailles de poisson  ou fougères, témoignant d'échanges entre régions voisines.
 



Les brodeurs

Autrefois, la broderie glazig était réalisée par les tailleurs-brodeurs puis par les brodeurs. Aujourd'hui, la broderie glazig est encore le fait de brodeurs hommes, notamment pour les costumes régionaux, car il est assez difficile de tirer l'aiguille dans le tissu de lainage épais des costumes. Toutefois, comme la broderie bigoudène, cette broderie intéresse les brodeuses soucieuses de maintenir la tradition, ayant besoin de garder en état les costumes anciens et d'en créer de nouveaux ou simplement comme moi, curieuses de connaître des techniques de broderie particulières.
La revue "Micheriou Koz" N°25,  intitulée "Les tailleurs et les brodeurs de costumes bigoudens et glaziks"ainsi que le livre présenté dans l'article sur la broderie bigoudène du 9 août : Broderies en Bretagne présentent les brodeurs : Viviane Hélias, Cécile Le Roy, Jean-Michel Pérennec, Paul Balbous, Pascal Jaouen, les confédérations War'l Leur et Kendalc'h qui contribuent tous à la préservation des broderies et des savoir-faire ou les font évoluer.

Et aujourd'hui...

J'ai l'impression que la broderie glazig , très dynamique, gaie et fière suscite un grand intérêt auprès des brodeuses, et ce, au-delà de sa Bretagne natale. Peut-être du fait de son haut caractère décoratif et du fait de son aspect abstrait qui, à partir de "figures imposées", permet toutes les inventions.
 
 

Je me suis amusée à dessiner une frise que je broderai peut-être. Je vous la montre en comptant sur votre indulgence, mais si elle vous intéresse, vous pouvez bien sûr l'utiliser !

 

Cet été, j'ai pu visiter à Quimper l'exposition "Talents conjugués" de Mik Jégou et Pascal Jaouen. Le premier est peintre, après avoir fait de nombreuses années de danse et des études d'art  graphique. Le second, connu en tant que brodeur et styliste, a créé des modèles de broderie glazig, les a exécutés sur toile de lin et Mik Jégou a peint "autour". J'ai beaucoup aimé leur travail original pour les couleurs et le mouvement et surtout cette idée d'associer la peinture et la broderie ! Notamment la toile intitulée "Danse au violon bleu".

 

Pour aller plus loin :
- La broderie en Basse-Bretagne de Geneviève Jouanic et Viviane Hélias, War'l Leur, Editions Jos, 2011.
- La France au fil de l'aiguille, broderies et dentelles : de l'histoire à l'ouvrage de Marie Le Goaziou et Nathalie Bresson, Editions Ouest-France, 2002.
- Broderies en Bretagne de Hélène Cario et Viviane Hélias, Editions Coop Breizh, 2007
- Revue Micheriou Koz N° 25, Les tailleurs et les brodeurs de costumes bigoudens et glaziks, 2010

mardi 9 octobre 2012

Peinture à l'aiguille : paysage oriental aux aigrettes


C'est un ouvrage terminé il y a plusieurs mois que je vous montre aujourd'hui : il fallait le temps de l'encadrer !

Je l'ai brodé avec les conseils de mon professeur : Catherine Laurençon, meilleur ouvrier de France en 2011 classe broderie main, option broderie couleur (peinture à l'aiguille.)

Comme je partais d'une aquarelle de Battulga Dashdor, un peintre mongol, mon travail était facilité car le paysage était déjà interprété ou analysé, alors que si je pars d'une photo je suis obligée de faire tous les choix.
                                                                                          Le modèle
 
 Il restait bien sûr à trouver les couleurs (toujours le fil DMC) pour me rapprocher au plus près du modèle ou dans certains cas, pour accentuer certains tons. Par exemple, j'ai choisi des tons plus vifs pour l'arbre. J'ai décidé aussi de ne pas broder le ciel qui risquait, me semblait-il, d'écraser la scène. J'ai bien aimé la façon dont Catherine m'a conseillé de broder la terre, même si c'était un peu fastidieux !

Voici des images de l'ouvrage en cours de réalisation :


 

 
 L'ouvrage terminé :





 

et enfin encadré sous la direction de Catherine Garnier de l'atelier de l'Oussière.

 

 
 N'hésitez pas à me poser des questions sur mon travail : je me ferai un plaisir de vous répondre !

mardi 2 octobre 2012

Reliure brodée avec broderie bretonne de type Glazig


Toujours cet été en Bretagne, j'ai trouvé un petit livre intitulé :

                                                 Légendes traditionnelles de la Bretagne

 

de O-L. Aubert avec une préface de Ch. Le Goffic, des illustrations de E. Daubé, aux éditions Louis Aubert, Saint-Brieuc, 1951, 8e édition. L'ouvrage présente 35 légendes.

J'ai eu envie de faire une reliure brodée alors je me suis essayée à la broderie Glazig en utilisant un modèle du livre déjà cité dans l'article "Broderie bretonne, broderie bigoudène" du 9 août 2012. Il s'agit du livre "Broderies en Bretagne" d'Hélène Cario et Viviane Hélias , aux Editions "Coop Breizh" page 148.






 Le dessin est inspiré paraît-il d'un plastron traditionnel glazig, du début du XXe siècle. Le modèle s'appelle : "Edern"


J'ai brodé sur un tissu de lin et soie de chez Gander, (lin français) écru, très légèrement moucheté, qui se travaille très bien, avec du cordonnet de soie que j'ai acheté  cet été dans une mercerie de Quimper. Je ne me souviens plus du nom de cette boutique mais j'avais photographié une pancarte posée devant le magasin, qui m'avait intéressée et quelque peu émue car je regrette justement la disparition des merceries de ville qui me font rêver au moins autant que les librairies.
 
 
 
Mais revenons à nos moutons...
Par rapport au modèle, j'ai ajouté un peu de rouge foncé m'éloignant peut-être ainsi de la tradition, cependant je trouve que ce rouge relève l'harmonie de couleurs. Au début, je me suis un  peu embrouillée dans ce motif  mais comme il est répétitif, j'ai réussi à me repérer au bout d'un certain temps.
 
                                                                             Voici la broderie terminée
                                                                                
                                                                                    En plus gros plan
 
  Le travail de reliure avec le tissu brodé n'a pas été trop difficile car la matière est souple avec suffisamment d'épaisseur. Voilà, j'aurai maintenant le plaisir de  lire ces légendes...
                                                                                  
                                                                                    L'ouvrage terminé




N'hésitez pas à me questionner sur ce travail : je serai heureuse de vous répondre !